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La pénétration française

Au début du XIXe siècle, des Bambaras de Ségou et des Peuls du Macina s'installèrent dans la région et islamisèrent l’Est voltaïque.
En 1895, le Mandingue Samory Touré (vers 1830-1900), un homme de guerre redoutable,
tenta de se constituer un État dans la savane. Devançant les Britanniques et les Allemands,
les Français Voulet et Chanoine s'emparèrent de Ouadagoudou en 1897
et signèrent un traité de protectorat avec le naba (roi).
Par la suite, les Français ne s’occuperont que fort peu du développement du pays,
qui servira surtout de «réservoir de main-d’oeuvre» pour les plantations.

C'est à cette époque qu'apparurent les premières écoles (entre entre 1898 et 1903),
notamment à Ouagadougou, Gaoua et Tenkodogo. L’implantation de ces «embryons d’écoles» avait été créée
à l'intention des militaires qui en assuraient la direction avec l’aide d’interprètes.
On enseignait uniquement la langue française.
Par la suite, d’autres écoles furent fondées par les missionnaires.

De 1904 à 1919, ces nouveaux territoires de l’Empire colonial français furent rattachés à la colonie du Haut-Sénégal-et-Niger,
intégrée à l’Afrique occidentale française et englobant l’actuel Soudan et l’actuel Burkina.
En 1916, d’importants mouvements de résistance à la conscription se développèrent.
Les Mossi constituèrent l’essentiel des bataillons de «tirailleurs sénégalais»
qui combattirent aux côtés des troupes alliées durant la Première Guerre mondiale;
ils furent appelés ainsi parce qu’ils embarquaient pour le continent européen à Dakar.

En 1919, fut créée la colonie de Haute-Volta, avec Ouagadougou pour chef-lieu.
En 1932, un an après qu’une grande famine eût ravagé le pays,
la Haute-Volta fut démembrée sous la pression des colons européens de la Côte d’Ivoire,
du Soudan français (l'actuel Mali) et du Niger.
Le centre et le sud de la Haute-Volta furent annexés à la colonie de la Côte d’Ivoire,
le nord intégré au Soudan français et l’est au Niger.
Le travail forcé et les impôts, sans oublier la répression à cause des soulèvements,
avaient déjà profondément marqué les consciences;
beaucoup de citoyens quittèrent la pays pour le Ghana. Pour des raisons d'économies budgétaires,
la colonie fut dissoute en 1932.
La Haute-Volta, dont beaucoup d’habitants avaient combattu pour la France libre
sur les champs de bataille européens de la Seconde Guerre mondiale,
retrouva son unité en 1947 lorsque l'administration coloniale reconstitua le pays «dans ses limites de 1932».